Vous venez d’être contrôlé. Vous avez eu des sueurs froides ou vous n’en avez pas eu. Qu’importe, vous êtes soulagé. Même si vous aviez parfaitement confiance en votre comptable et en votre gestion, sortir d’une relation de 6 mois avec quelqu’un qui s’enfermait dans un bureau et ne réclamait qu’un café et des factures justificatives, c’est éprouvant. Vous avez eu du mal, d’ailleurs a retrouvé certains documents. A un moment il a froncé les sourcils, même si vous avez fait de votre mieux. Mais vous ne lui en voulez pas.
Et puis il était sympa ce vérificateur ! Il a même fait une ou deux blagues. Du coup, vous vous demandez s’il est chagriné de ne pas vous avoir fait de rappels, (même pas de TVA déduite par anticipation, rien!). Peut-être qu’il va rentrer à son bureau et se faire disputer ? Peut être que même s’il vous a souri, au fond, il vous déteste. Et vous, vous voulez être aimé.
Il n’a même pas voulu faire de réunion de synthèse, vous vous rendez compte ?
Il y a une petite astuce qui permet de connaître une partie du ressenti personnel du vérificateur sur la procédure. Et j’avoue à titre personnel que quand je l’ai découvert, j’ai éclaté de rire dans l’open space, suscitant une petite incompréhension de mes collègues.
Si vous avez une « 3953 » (courrier concluant le contrôle), vérifiez la présence ou l’absence de la formulation suivante : « Je vous remercie de votre accueil et de l’attention que vous avez bien voulu m’accorder pendant le déroulement de ce contrôle. »
« Mais de quoi il parle ?! C’est une formule standard type sur tous les documents ! » se dira la personne non avertie.
Et bien non, parce que dans cet open space, les éclats de rire sont sortis quand j’ai vu que lors de la génération de ce document par les applicatifs de la DGFIP, l’application DEMANDE au vérificateur, s’il souhaite, oui ou non inclure cette formulation.
Le vérificateur a toute latitude pour faire son choix, qui, bien entendu, n’entraîne aucune conséquence juridique, fiscale, ou dans le suivi de la suite du dossier. Gageons que parfois, même en absence de vérification, les relations sont tendues et que ce gage a été donné au vérificateur pour ne pas être contraint de remercier la personne qui aura rendu son travail difficile.
Néanmoins, c’est une coquetterie applicative qui m’avait beaucoup amusé à l’époque, et je ne sais pas si beaucoup ont répondu par la négative à la fameuse question.
Mais cela peut donner à réflexion. Et si, au fond, pendant un contrôle fiscal, que vous soyez vérificateur ou vérifié, l’important c’était… les amis que l’on s’est fait en chemin ?



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